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Didier Gottardini a interviewé l’Expert Romain Réa dans sa boutique Parisienne de la rue du Bac. 30-12-2009
Romain Réa, Expert de la maison ARTCURIAL et fondateur de la boutique de montres de collection Romain Réa répond aux questions de la rédaction de l’Argus des Montres.

Interview de Romain Réa, Expert chez ARTCURIAL et fondateur de la boutique Romain Réa située au 26, rue du Bac 75007 Paris
Argus des Montres : « Que doit faire un expert en horlogerie chez ARTCURIAL ? », « Quelle sont ses compétences et ses limites ? »
Romain Réa : Pour être un bon expert il faut être un bon technicien et un homme de terrain. Idéalement on doit savoir ouvrir une montre, contrôler son authenticité, la remettre en état de fonctionnement pour son futur acquéreur, être en voyage en province ou à l’étranger, et pouvoir expertiser d’une manière sûre une ou plusieurs pièces dans la journée.
La disponibilité est également une clé indispensable pour être un bon expert, il faut avoir la capacité de s’occuper de ses clients acheteurs ou vendeurs, et leur donner des conseils appropriés.
Ma limite est l’expertise de montres de la haute époque. Il faut être très calé sur le dossier pour pouvoir réaliser de bonnes expertises sur les montres du 17ème, 18ème siècles.
Hormis cette période, je suis censé être capable de tout expertiser.
Argus des Montres: « Quelles sont les étapes pour devenir expert? », « Quelles connaissances faut-il avoir ? »
Romain Réa : Pour devenir expert à l’union Française des experts, on doit être obligatoirement parrainé pour affiliation par deux personnes membres de l’organisation et rédiger un mémoire d’une centaine de page sur un sujet précis lié à l’activité de l’expert en horlogerie.
Ensuite on passe un oral devant un jury d’une dizaine de personnes sur sa spécialité, et une fois officiellement expert, on se doit d’organiser au minimum une vente aux enchères par année avec la collaboration d’un commissaire priseur.
Il faut donc avoir des connaissances techniques et historiques sur les montres, techniques pour savoir expliquer leurs complications et détecter les anomalies, et historiques pour comprendre parfois la multitude des versions sur un seul modèle (changement de cadran ex. cadran COMEX, des modèles spécifiques ex. 5517 de Rolex, modèle historique ex. Patek Philippe pour Henry Graves).
Les marques en général et le marché
Argus des Montres: Quelles sont les marques qui innovent aujourd'hui ?
Que trouvez-vous d’innovant en matière d’horlogerie ?
Romain Réa : Des marques comme LANGE & SÔHNE innove totalement avec des modèles comme la ZEITWERK car c’est un modèle classique et à la fois atypique pour une manufacture comme celle-ci, il fallait oser !
Bell & Ross avec son modèle radar, c’est original et surprenant. Je trouve que le modèle BR 03 carbone innove également car les feuilles de carbone sont collés une à une et découpées dans la masse, ce qui lui donne un aspect veiné totalement unique et inimitable.
FP JOURNE avec sa grande sonnerie prouve que cette marque a une technique horlogère totalement innovante et bouscule les concepts parfois figés de l’horlogerie traditionnelle.
Et aussi la marque MOSSER & Cie (dont ma boutique distribue en exclusivité ses produits en France) avec son double spiral STRAUMANN ou son modèle appelé la MONARD (entièrement en palladium et avec un cadran fumé de toute beauté).
Enfin, j’adore le Duomètre de Jeager-LeCoultre.
C’est une montre magnifique et totalement innovante avec son système de double barillet et sa seconde foudroyante, elle est tout simplement parfaite.
Argus des Montres: Quels sont les modèles qui vous ont marqué cette année ?
Et pourquoi ?
Romain Réa : Les modèles qui m’ont le plus marqué ces dernières années sont :
La Zeitwerk de Lange & Söhne
La BR03 carbone de Bell & Ross
La grande sonnerie de FP Journe
La monard de Mosser & Cie
Le duomètre de Jaeger-LeCoultre
Argus des Montres: Sur quels autres salons professionnels ou grand public allez-vous ?
En plus de votre salon, quels sont selon vous les rendez-vous “ immanquables “ ?
Romain Réa : Les Salons Professionnels sont évidemment le Salon de Bâle et le SIHH à Genève. Vous avez également des salons grand public comme le Salon Belles Montres qui est de très grande qualité.
Les immanquables sont réellement BASEL FAIR et le SIHH (salon des marques du groupe RICHEMONT).
Sur le Salon de Bâle et le SIHH on peut sentir réellement la tendance de l’année à venir, bonne ou mauvaise on a tout de suite la tendance générale dans les premiers jours.
Argus des Montres: Quel type de clientèle rencontrez-vous le plus souvent sur ces salons ?
Romain Réa : Principalement des professionnels de l’horlogerie, tous les principaux acteurs y sont présents : Patrons de Marques, détaillants, négociants,…
Argus des Montres : Avez-vous accès à des collections privées ? Quelles sont leur particularité ?
Romain Réa : J’ai effectivement accès à des collections privées à travers mes clients vendeurs ou acheteurs.
Ce sont des collections privées axées sur des thèmes de l’extrême & de l’aventure : Montre de pilotes ou plongeurs, montres militaires, sur des marques en particulier : collection de Rolex Vintage, de Vacheron Constantin des années 30,…Toutes les collections sont uniques et variées, car chaque collectionneur est différent dans son approche de la collection de montres.
Argus des Montres: Quelle est la demande actuelle du marché des montres de luxe ?
Montres Bracelets ? Montres de poche ? Pendulettes ?
Romain Réa : Aujourd’hui les montres bracelets représentent 70% de la demande, 25% les montres de poche et 5% les pendulettes.

Parlons maintenant des montres militaires.....
Argus des Montres: D’où vient votre passion pour les montres militaires ?
Romain Réa : J’ai passé deux années dans l’armée de l’air sur les bases aériennes BA107 et BA112 entant que personnel naviguant, et j’ai toujours eu et collectionné les montres militaires. Ma passion des montres a été la plus forte que l’armée, c’est ainsi que j’ai ouvert ma première boutique de montres de collection à Saint Ouen fin des années 80. Aujourd’hui cela fait plus de 18 ans que j’achète et vend des montres ayant appartenu à l’armée.
Argus des Montres: Est-ce d’après vous un bon investissement dans l’avenir ?
Une valeur refuge en période de crise boursière ?
Romain Réa : Les montres anciennes sont sans aucun doute de très bons investissements pour ceux qui savent choisir les bons modèles.
Quant aux montres militaires qui ont été longtemps sous estimées, elles sont de très bon placements car elles restent encore accessibles dans l’ensemble, et leur valeur ne fait qu’augmenter avec le temps.
Argus des Montres: Quelle importance accordez-vous au vintage ?
Quelle est la mode actuellement selon vous ?
Romain Réa : Le vintage est vraiment une tendance importante de nos jours, et certains de nos clients achètent que de l’ancien.
Argus des Montres: Quelle importance accordez-vous au vintage ?
Quelle est la mode actuellement selon vous ?
Romain Réa : Le vintage est vraiment une tendance importante de nos jours, et certains de nos clients achètent que de l’ancien.
On peux parler de mode en quelque sorte, mais on constate également une demande en 2010 d’un retour sur des dimensions de boîte plus “humaines“ entre 35-40 mm de diamètre au lieu des modèles fabriqués ces dernières années avec des diamètres disproportionnés. De nos jours les modèles au dessus de 45 mm de diamètre ont du mal à trouver un acquéreur.
Argus des Montres: Comment évaluez-vous les montres anciennes ?
Par leur Histoire ? Leur Rareté ? Leur Qualité ?
Romain Réa : J’évalue les montres anciennes en fonction de leur histoire, leur qualité de conservation, de leur traçabilité (boîte papier d’origine, facture d’origine, stickers, mode d’emploi, garantie) et la notoriété de la marque. Par exemple une Rolex Mil Sub de la Royal Navy c’est une montre qui s’évalue en fonction de ses pièces d’origines (aiguille en forme de glaive, de sa provenance, de ses papiers de réformes militaires etc.)
Le prix final peut également dépendre uniquement de la rareté de la montre, une Rolex GMT Master “ Fuerza Aero del Peru “ peut valoir très chère car c’est un modèle qui a été porté par des pilotes de chasse de l’armée péruvienne et il y en a très peu sur le marché d’occasion qui circulent.
Votre rapport personnel aux montres
Argus des Montres: Quel est votre plus beau souvenir, votre plus belle anecdote horlogère ?
Romain Réa : La découverte à mes débuts de collectionneur d’une montre Patek Philippe en acier cadran acier chez un marchand de montres anciennes qui ne l’avait pas vraiment évaluée à sa juste valeur.
J’ai fait par hasard une très bonne affaire, et j’ai eu beaucoup de plaisir à la porter car je suis un vrai collectionneur de montre à la base.
Argus des Montres: Quel est votre rêve horloger ? Quelle montre auriez-vous aimé avoir créée ?
Romain Réa : Je n’ai pas un rêve horloger en particulier !
Par contre, les montres que j’aurais aimé avoir créées sont les suivantes :
La Movado Poly Plan de 1912 en Platine, c’était à l’époque une montre totalement révolutionnaire en termes techniques et elle a parfaitement passé les années.
La Reverso de Jaeger-LeCoultre, c’est une icône absolument extraordinaire et indétrônable dans le milieu des montres réversibles.
Toutes les montres de forme de la marque Cartier (ex. La Tank Basculante, la Crash Watch, la Tank asymétrique, la Tank Tonneau….), cette marque a su créer des formes toutes à fait innovantes à travers l’histoire de l’horlogerie, et à en faire de véritable succès commerciaux.
La Sir Command de Blancpain en acier de 1950 avec son fameux mouvement Valjoux.
Argus des Montres: Quel est votre rêve horloger ? Quelle montre auriez-vous aimé avoir créée ?
Romain Réa : Je n’ai pas un rêve horloger en particulier !
Par contre, les montres que j’aurais aimé avoir créées sont les suivantes :
La Movado Poly Plan de 1912 en Platine, c’était à l’époque une montre totalement révolutionnaire en termes techniques et elle a parfaitement passé les années.
La Reverso de Jaeger-LeCoultre, c’est une icône absolument extraordinaire et indétrônable dans le milieu des montres réversibles.
Toutes les montres de forme de la marque Cartier (ex. La Tank Basculante, la Crash Watch, la Tank asymétrique, la Tank Tonneau….), cette marque a su créer des formes toutes à fait innovantes à travers l’histoire de l’horlogerie, et à en faire de véritable succès commerciaux.
La Sir Command de Blancpain en acier de 1950 avec son fameux mouvement Valjoux.
Argus des Montres: Si vous deviez en garder une seule pour la vie ?
Romain Réa : La montre Patek Philippe référence 1464 acier/acier que je n’ai pas mais que je rêve d’avoir un jour.
Romain Réa : La montre Patek Philippe référence 1464 acier/acier que je n’ai pas mais que je rêve d’avoir un jour.
Et enfin ... Votre rapport au temps
Argus des Montres: Etes vous à l’heure ?Et pensez-vous que c’est une vraie politesse ?
Romain Réa : Personnellement, je suis toujours à l’heure dans mes rendez-vous en dehors de Paris.
La politesse est effectivement d’être à l’heure de nos jours mais en vivant à Paris on sait que c’est un vœu pieux difficile à tenir, et je n’y arrive pas souvent !




