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Entretien avec Jean Lassaussois, fondateur du salon Les Montres. Didier Gottardini l'a interviewé dans une de ses boutiques parisiennes.    10-11-2009

Propriétaire des boutiques Les Montres à Paris, Jean Lassaussois se confie à l'Argus des Montres, quelques jours avant le début du salon Les Montres.

Jean Lassaussois

Jean Lassaussois

Argus des Montres :

Propriétaire de la chaîne de boutiques Les Montres, vous êtes également à l’origine du salon du même nom… Pourquoi un tel salon ? Est-ce un besoin ressenti à l’intérieur même de vos boutiques ?

Jean Lassaussois :

J’ai créé le salon Les Montres afin que les amateurs de montres rencontrent directement les fabricants, les marques horlogères suisses. L’idée, c’est de les faire rêver et de les faire entrer dans l’univers des grandes maisons afin de leur donner envie de s’acheter une belle montre dans nos boutiques. C’est comme une visite des manufactures en Suisse, mais en plein Saint-Germain-des-Prés !

C’est une prospection sans contraintes : les amateurs viennent se faire plaisir et rêver à leurs futurs achats.

Toutes les marques représentées sur ce salon sont disponibles et distribuées dans nos boutiques Les Montres, rue de Passy (dans le 16e) ou rue Bonaparte (dans le 6e).

Argus des Montres :

La sixième édition de ce salon est sur le point de s'ouvrir… À quoi doit-on s’attendre ?

Jean Lassaussois :

Cette année, nous avons l’honneur d’accueillir pour la première fois la célèbre marque Vacheron Constantin et nous nous félicitons de cette présence.

Nous aurons un atelier Rolex qui présentera les caractéristiques techniques des célèbres Deep Sea et Submariner et un atelier de sellerie qui travaille pour Hermès.

La manufacture Jaeger LeCoultre a également réalisé à cette occasion en exclusivité un modèle en série limitée de 50 pièces Les Montres de la Grande Reverso, gratifiée d’un magnifique cadran bleu anthracite.
 
 
 
Cette pièce a la particularité d'avoir un fond plein pour permettre une gravure (le modèle standard a un fond saphir), elle est gravée du logo Les Montres au dos du brancard avec une numérotation X/50 pièces.
 
Et nous avons aussi doublé la surface d’exposition de la marque Lange & Söhne pour répondre à son succès de l’année dernière.


Les marques en général et le marché
 

Argus des Montres :

Quelles sont les marques qui innovent aujourd'hui ? Que trouvez-vous innovant en matière d’horlogerie ?

Jean Lassaussois :

Personnellement, la Zeitwerk de Lange & Söhne m’a beaucoup plu et surpris par son élégance et son innovation.

La montre Quai de l’Ile de Vacheron Constantin entièrement réalisée par ordinateur est également une pièce d’exception.

Et une marque comme BRM qui innove par son design et les matériaux utilisés.

Argus des Montres :

Quels sont les modèles qui vous ont marqué cette année ? Et pourquoi ?

Jean Lassaussois :

Les modèles les plus innovants sont la Zeitwerk de  Lange & Söhne, la Quai de l’Isle de Vacheron Constantin  et la Deep Sea de Rolex.

Argus des Montres :

Sur quels autres salons professionnels allez-vous ? En plus de votre salon, quels sont, selon vous, les rendez-vous "immanquables" ?

Jean Lassaussois :

Les rendez-vous immanquables sont le salon du groupe Richemont (le SIHH à Genève) et surtout le salon Basel Fair où vous percevez en tant que professionnel la tendance de l’année. Ces deux salons donnent le ton des pièces qui seront demandées par nos clients tout au long de l’année suivante.

Argus des Montres :

Quel type de clientèle rencontrez-vous le plus souvent sur ces salons ?

Jean Lassaussois :

Sur ces salons, on rencontre généralement une clientèle de passionnés, d’amateurs de belle horlogerie et de vrais collectionneurs de beaux garde-temps.

Argus des Montres :

Quelle est la demande actuelle du marché des montres de luxe ? Montres-bracelets ? Montres de poche ? Pendulettes ?

Jean Lassaussois :

La tendance actuelle est principalement sur les montres-bracelets. Nous ne voyons dans nos boutiques que des acheteurs de montres-bracelets, les montres de poche ne sont plus à la mode, et les pendulettes parfois difficiles à vendre. Nos clients préfèrent mettre leur argent dans le seul bijou pour homme : la montre-bracelet de grande marque.


Parlons maintenant des montres de prestige
 

Argus des Montres :

D’où vient votre passion pour les montres de prestige ?

Jean Lassaussois :

J’ai une formation d’horloger rhabilleur et j'ai étudié durant cinq ans à l’école d’horlogerie du Locle en Suisse. Le hasard et le renouveau de l’horlogerie mécanique dans les années quatre-vingt m’ont poussé à créer ma propre boutique et à devenir distributeur officiel de marques horlogères suisses. J’ai également vendu des montres anciennes à mes débuts, mais j’ai vite compris que les deux (le neuf et l’ancien) étaient indissociables, mais pas forcément compatibles au sein d’un même lieu de vente. En effet, les montres anciennes demandent une structure différente et la gestion du SAV ou de la restauration est plus lourde à gérer. J’ai donc choisi de ne vendre que des montres neuves.

Argus des Montres :

Est-ce, d’après vous, un bon investissement ? Une valeur refuge en période de crise boursière ?

Jean Lassaussois :

Je n’aime pas parler d’investissement quand je vends une montre, je préfère la notion de transmission d’un patrimoine. Mais avant tout, nous vendons au sein de nos magasins la notion de plaisir et une part de l’ADN des marques. Nos clients doivent pouvoir rêver et accomplir leurs rêves en possédant des montres de belle facture. Aussi, je ne vois pas la montre comme une valeur refuge…

Argus des Montres :

Quelle importance accordez-vous au vintage ? Quelle est la mode actuellement, selon vous ?

Jean Lassaussois :

Il y a de toute évidence une tendance vintage que personne ne peut nier et c’est la mode de porter des montres anciennes de marques célèbres et reconnues.

Argus des Montres :

Comment évaluez-vous les montres anciennes ? Par leur histoire ? Leur rareté ? Leur qualité ?

Jean Lassaussois :

L’évaluation se fait sur la notion de rareté, et de qualité. La marque reste avant tout le critère principal pour établir une vraie notion de valeur des montres anciennes.


Votre rapport personnel aux montres

 
Argus des Montres :

Quel est votre plus beau souvenir, votre plus belle anecdote horlogère ?

Jean Lassaussois :

Ma plus belle anecdote est la transmission d’une montre d’un père à son fils et la vente d’une nouvelle montre pour le père le même jour. Le fils a souhaité que nous remettions en état la vieille Rolex de son père pour la porter à son tour, et le père nous a racheté la même montre neuve pour continuer à porter la montre de sa jeunesse.

Argus des Montres :

Quel est votre rêve horloger ? Quelle montre auriez-vous aimé exposer dans votre vitrine ?

Jean Lassaussois :

Je n’ai pas de rêve horloger particulier, car j’ai l’impression de posséder toutes les marques à travers le stock de montres de mon magasin. La notion matérielle m’intéresse moins que la richesse des relations humaines que j’ai la chance de vivre à travers mon métier et dans ma boutique.

Argus des Montres :

Si vous deviez en garder une seule pour la vie ?

Jean Lassaussois :

Ma Rolex, ou plutôt mes Rolex, et en particulier ma Rolex Deep Sea !


Et enfin... votre rapport au temps
 

Argus des Montres :

Êtes-vous à l’heure ? Et pensez-vous que c’est une vraie politesse ?

Jean Lassaussois :

L’heure est la politesse des rois. Malgré tout, en vivant à Paris, vous savez aussi bien que moi qu’il est difficile d’être tout le temps à l’heure...