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La Mark XI militaire de Jaeger-LeCoultre   15-03-2010

Les techniques de navigation aériennes utilisées avant la seconde guerre mondiale étaient particulièrement succinctes...

Notre précision moderne, caractérisée par le GPS (système de positionnement global)guidage par satellite et système de navigation High Tech pour l’aéronautique- alors qu’encore rudimentaire – a du être une belle surprise tout juste sortie d’un film de science-fiction pour l’armée de l’air britannique durant la seconde guerre mondiale. 
Les techniques de navigation aériennes utilisées avant la seconde guerre mondiale étaient particulièrement succinctes.  Le trafic aérien commercial était dirigé via des balises radio fixes ainsi que par des points visibles tout au long du parcours.  Dans l’aviation militaire en terrains ennemis, “l’estimation” était  habituellement utilisée. La méthode de “l’estimation” est le calcul de la vitesse en vol et du temps de vol pour calculer la distance de vol, ce qui, additionné au point de départ et à la route donne la position.  La terrible réalité est que, cela ne fonctionnait qu’en théorie et qu’ainsi les avions avaient une tendance à « partir à la dérive » pour de multiples raisons.
En 1941, après beaucoup trop d’erreurs de navigation, une enquête est menée à  l’initiative de Lord Cherwell (conseiller scientifique auprès du Premier Ministre) se basant sur les photos prises lors des raids nocturnes de bombardiers, sur une période de 52 jours. Cette enquête confirma la nécessité de trouver un système plus adapté. Elle révéla que parmi tous les bombardiers qui pensaient avoir atteins  leur cibles, seulement ¼ d’entre eux ne l’avaient réellement atteinte.  D’autres enquêtes montrèrent que les bombes ne touchaient pas  leurs cibles à une distance de plus de  5 miles.
C’est ainsi que des mesures drastiques furent prises afin d’améliorer les standards de navigation aérienne et les progrès de l’aventure de “l’astronavigation” furent sensibles.  Suivre la position relative de l’avion par rapport au soleil et aux étoiles, est une technique héritée des marins qui la pratiquent depuis plus de 150 ans. Cela n’avait cependant jamais été pratiqué avec un sextant fiable et une montre ultra chronométrique. Par ailleurs, l’alliage ou laiton couvert de chrome des boites de milliers de MK VII et MK VIII ne résistait pas plus à l’air salé de la Mer du Nord qu’a l’humidité des théâtres de la guerre en Asie.  L’armé de l’air britannique constata  également qu’elles étaient impropres à une utilisation de temps de guerre.
En 1946, forte de leur expérience durant la Seconde Guerre Mondiale,  l’armée de l’air britannique décida d’équiper ses pilotes de montres d’une exactitude et d’une fiabilité sans précédent dont le nom de code était G.943. La nouvelle Mark 11, et sa précisons implacable, était lancée. 
La montre devait tout spécifiquement être dotée d’un système antimagnétique d’au moins 150 Oersteds (Gauss). Deux modèles d’exactitude furent déclinés pour des conditions d’utilisations en températures normales et extrêmes.  A une température du poignet de 30°,  la nouvelle précision ne devait accuser qu’une variation de 5 secondes par jour et serait testée dans 5 positions différentes pendant 240 heures.  Au delà des différentes variations de températures, la montre ne devait pas varier de plus d’une seconde par changement de température.   De plus elle devait être résistante à une pression sous l’eau d’au moins 238,2 millibars.
Face à un tel défi, Jaeger LeCoultre développa une nouvelle référence  E161, dont  le dos du boitier est vissée et un container en fer doux protège la montre des champs magnétiques.  Dans un cockpit, équipé de nombreux instruments super puissants et de radars, il reste important de protéger une montre des champs électromagnétiques qui ont tendance à voiler l’exactitude du chronomètre. Le mouvement Mark 11 Jaeger-LeCoultre,  comporte un cadran en fer doux ainsi qu’une couverture. La théorie du cœur en fer provient de la ‘Cage Faraday’  et d’une  ‘chambre Zero Gauss ‘. Une cage Faraday est une coquille fabriquée avec des matériaux magnétiques à l’intérieur et du fer autours. Quand placée dans un champ électrique, elle va générer un champ électrique opposé à celui original placé à l’intérieur de la coquille. Ce phénomène neutralise le  mouvement de la montre. Cette atténuation est cependant engendrée au moyen  d’une chambre Zero Gauss.  Un moindre chemin de résistance qui va canaliser le champ magnétique autour du mouvement. 
De 1948 à 1953, Jaeger-LeCoultre a produit  2,950 pièces de Mark 11 pour l’armée de l’air britannique (champ utilisé depuis novembre 1949) pour l’armée de l’air Australienne (à partir d’aout 1950). Le calibre 488SBr de Jaeger-LeCoultre,  Calibre  rehausse une balance Glucydur, une surbobine Bréguet et un système unique taille seconde. Cela est adapté à une innovant stop-levier (part 9433) qui arrête la roue de la balance lorsque la couronne d’enroulement est poussée pour la mise à l’heure. Ce stop levier est situé  au-dessus des plaques du mouvement et l’action de taille est activée via un fil à boucles situé au bout du bras du levier.  Bien que les maisons horlogères Jaeger-LeCoultre et IWC aient fabriqué le modèle standard Mark 11, le calibre Jaeger-LeCoultre est  tellement impressionnant que l’expert de Mark 11 Zaf Basha a écrit  que c’était le mouvement mécanique le plus puissant qui ait été intégré à une montre militaire. Cela justifia aussi que Jaeger LeCoultre à ensuite poursuivi les développements du calibre pour le faire évoluer vers le calibre P478BWSbr utilisé en  1958 dans  Chronomètre Geophysic. Il est aussi utilisé comme base du calibre P1008/BS (SC) du légendaire ‘Chronomètre Royale’ Vacheron Constantin. Ces deux montres étaient les vaisseaux amiraux de Jaeger-LeCoultre et Vacheron Constantin à la fin des années 50, de grands modèles de collection à mon humble avis.
Grâce  à la grande qualité  des calibres Jaeger-LeCoultre calibres, les fausses Mark 11 sont très rares, ce calibre n’ayant été utilisé que pour ces montres militaires. Le mouvement est difficilement adaptable aux montres civiles et demande un réel savoir faire à la production. 
Jaeger-LeCoultre est une maison reconnue pour ses innovations horlogères qui en fait le maître de l’exactitude et de la fiabilité ces 176 dernières années et depuis la création du chronomètre  Torpedo Boat en 1890. Aucune autre manufacture en peut se glorifier d’un tel héritage et permet à Jaerger LeCoultre de participer activement à la haute horlogerie militaire actuelle.

Citations: Matthias, Koenig & Steer (2004). ‘Man is Not Lost’ — An Account of the Mk 11 Navigational Wristwatch. Horological Journal, January/February 2001

Auteur de l'article: Jaw

La Mark XI de Jaeger-LeCoultre
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