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La beauté cachée   02-04-2009

On parle souvent de la beauté cachée d'une montre, car c'est en l'ouvrant qu'on peut admirer tous ses trésors.

Barillet satiné avec un décor appelé côtes soleillées
 
La beauté d’une montre ne relève pas uniquement de son apparence. Un mouvement de bonne conception est lui aussi agréable à regarder, pour ses finitions de surface comme pour les décorations apportées sur les ponts ou sur la platine. Et même si ce mouvement, d'ordinaire caché dans le boîtier, n'est visible que par l’horloger.

À l’origine, lors de l’usinage, les ponts et les platines n’étaient pas toujours décorés. Afin de rendre les surfaces des pièces planes, l’horloger se devait d’usiner les états de surface. Ce travail se faisait évidemment à la main, à l’aide de petites limes, de brunissoirs ou de toiles abrasives de différents grains. Les techniques les plus répandues étaient l’adouci - qui consiste à ajouter des angles vifs chanfreinés et polis -, le fraisage des noyures des têtes de vis, ainsi que le traitement thermique des vis  - trempées et bleuies pour des propriétés de fabrication et de résistance à la matière. L’aspect d’une montre restait fort agréable à l’œil, notamment si les ponts d’origine en laiton étaient rhodiés.
Mouvement ancien avec un état de surface adouci
Mouvement ancien avec un état de surface adouci
Fond saphir dévoilant les beautés cachées de la montre
Fond saphir dévoilant les beautés cachées de la montre
Décor Côtes de Genève sur la platine
Décor côtes de Genève sur la platine

Il convient de garder à l'esprit que lors de la fabrication des éléments de la montre comme les bascules, tirettes ou autre pivots, ceux-ci doivent avant tout être fonctionnels, et les finitions de ces différents éléments contribuent à la parfaite réalisation de la montre. Un gage de qualité d’usinage est synonyme de perfection. Où l’utile devient agréable.

La technique d’usinage de l’état de surface comme celle des traits tirés de long, par exemple, oblige l’horloger à usiner parfaitement ses pièces, le moindre faux plat ou dérapage étant instantanément visible. Il me semble que cette maîtrise a contribué à la course à la beauté cachée.

Les différentes pratiques d’usinage ont ouvert la porte au perfectionnement et à l'innovation dans la réalisation des états de surface. Ainsi, il existe de plus en plus de choix dans les décorations de mouvement, comme notamment les côtes de Genève, le perlage, le soleillé, ou encore le colimaçonné. Un travail que l'on contemple d'autant mieux depuis la popularisation des fonds saphir, qui laissent apparaître une partie du mouvement. Ainsi ce spectacle n’est-il plus réservé exclusivement à l’horloger, tout en étant bel et bien un gage de qualité pour l'amateur, devenu de plus en plus connaisseur en la matière. Un instant de contemplation qui nous prouve qu'à notre époque, on trouve encore le temps de s'appliquer à réaliser de belles choses.

Platine décorée en Côtes de Genève Soleillés

Platine décorée en côtes de Genève soleillées

Côtes de Genève collimaçonnées
Côtes de Genève colimaçonnées
 
Si aujourd’hui les usinages sont réalisés à l’aide de machines et de gros tours spécialement conçus pour la décoration des platines, les finitions sont, elles, toujours entièrement réalisées à la main. 
 
Il reste néanmoins les parties non visibles de la montre et, croyez-moi, cela mérite aussi le coup d’œil. Mais la beauté cachée n’est-elle pas finalement la récompense de l’horloger qui ouvre votre montre ?