Antoine de Caunes sera fidèle au rendez-vous, vendredi soir, pour la sempiternelle cérémonie des Césars. Côté invités, stars et gens de l'ombre, avec smoking et robe de soirée de rigueur. Mais au poignet de ces messieurs ? Une montre de qualité s'impose, quitte à faire appel à un "loueur de montres" pour s'en procurer une le temps de la soirée. Question d'image et de standing...
En effet, si l'adage dit que tout s'achète et tout se vend, aujourd'hui, tout se loue ! Ce type de service émane le plus souvent de particuliers, amateurs avertis, qui ont su détecter une opportunité commerciale dans les regards envieux de leurs collègues et amis. "À 26 ans, je vivais en colocation. Mes colocataires me demandaient souvent une pièce pour un rendez-vous, une soirée, explique Daniel Zienkiewicz, fondateur du site Daily Dream Watch. Propriétaire d'une belle pièce, on ne se rend pas toujours compte du désir qu'elle suscite. Lorsqu'on s'en aperçoit, la conversion en business model est relativement simple." Dans son catalogue, il propose aujourd'hui aussi bien une Breguet Marine qu'une Hublot Aero Bang Black Magic à partir de 110 euros la journée, ou encore une Rolex Sea-Dweller à partir de 85 euros.
Transformer sa passion en un modèle économique est un rêve que beaucoup font. L'opération semble simple, mais reste néanmoins onéreuse. Car qui dit location dit choix de pièces et donc une mise de fonds qui peut rapidement s'élever à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d'euros. Pour rentabiliser cette dépense, la variable du coût à la journée est critique. Aujourd'hui, pour des pièces courantes, type Rolex ou Omega, le prix est d'environ une centaine d'euros par jour. C'est nettement insuffisant pour rembourser dans des délais raisonnables une pièce à 5 000 euros au rythme moyen de une à deux locations par mois. Pour y remédier, Cyril Solier, fondateur de Watch Consulting, a trouvé la parade : la location longue durée. "Je me suis tout simplement rapproché des professionnels de l'image : agence de pub, maisons de production. Je viens par exemple de terminer un prêt d'un mois pour l'un des personnages d'une fiction télévisée", résume-t-il. Bénéfice de la prestation : environ 700 euros.
Le client final, lui, est souvent le même : "banquier, homme d'affaires, soucieux de présenter différentes pièces à son poignet au fil de sa journée et de ses interlocuteurs, pour montrer l'étendue de ses revenus", résume Daniel Zienkiewicz. Cyril Solier, installé à Bastia, confirme ce sentiment pour Watch Consulting : "Étant basé en Corse, il est évident que le business est bien meilleur en été qu'en basse saison", glisse-t-il, sourire en coin...












